Demain, je change de Président

14 mai 2012

J’ai envie de me faire plaisir. Comme si, ma zapette entre les mains, j’avais la faculté de pointer le laser sur le changement. « Appuyer sur le bouton vert pour valider ». Je valide le changement. Un vote électronique et hop, c’est fait ! C’est mon dernier mot, demain je change de Président. Ca fait longtemps que cela ne m’était pas arrivé de vouloir, comme ça, changer avec les beaux jours. Décider tout seul, en un claquement de doigts. Je suis comme ça. Le changement, je le veux. En principe, je suis plutôt du genre conceptuel dans un premier temps et pragmatique dans la phase opérationnelle des idées. Mais, là, je le sens. J’y suis. Je saute la phase conceptuelle pour opter pour le pragmatisme. Presque. Bientôt. Enfin plus que quelques heures.
Je me souviens du slogan du grand magicien du monde « Tout est possible ». Une sorte de Spiderman qui avait le pouvoir de relier les deux mondes : l’ancien et celui vers lequel nous irons avec lui. Il avait raison l’illusionniste. Effectivement, tout est possible. Même sans lui. Cela dit, il a fallu attendre, mais tout vient à qui s’est attendre comme si tout devait se finir ainsi. C’était prévisible. Même l’ami du coiffeur à l’angle de la rue m’a confirmé qu’il fallait que cela se termine autrement il allait devenir méchant. Et je le connais, quand il s’énerve, ce n’est pas un tendre, il a fait la guerre. Mon coiffeur m’a dit qu’il avait gardé un bout d’obus derrière l’oreille. C’est dire qu’il ne faut pas lui chauffer les oreilles. Il a voté pour pas qu’il s’énerve. Comme quoi, chacun a ses arguments.
Ce soir, ce sera la dernière fois que je m’endormirai avec son image à coté du drapeau. Un grand moment d’émotion en perspective. Je me souviendrai de cette photo avec en fond d’écran une bibliothèque de livres dont certains observateurs, dont je ne suis pas, affirment de sources sur qu’il ne les a jamais lus.
Dans les quelques heures qui me reste à vivre avec lui, je me fais plaisir en me remémorant les grandes avancées sociales qu’il a mis en place, son amour pour les petits objets qui brillent, son train de vie modeste, ses amis issus de la classe populaire, sa volonté de rapprocher des français de souche de ceux qui n’en sont pas, son fédéralisme privé/public, sa volonté de voir ses enfants réussir professionnellement, sa ferveur laïque pour le mieux vivre ensemble, sans oublier ses traditionnels footings qui mobilisaient des cars de CRS et quelques journalistes…
Oui demain j’ai décidé de changer de président. Je lui en ai parlé avant. Je ne voulais qu’il l’apprenne et qu’il reçoive cette annonce comme une sanction. Je lui ai dit en face. « Nico, c’est moi, Nico, qui te le demande ». Je sais que ce sera une déchirure pour lui, mais aussi pour tous ses amis qui avaient pris leur aise. Mais bon, il comprendra. Il a fait pareil à ses amis d’avant. Il pourra leurs demander comment est l’après « grande lumière ». Qu’y a-t-il derrière le miroir du pouvoir ? Le silence, la traversée du clair obscure, la banalité d’un homme qui descend de charge peut-être. Il dira qu’il aura fait son devoir, rien que son devoir.
C’est pour cela que j’ai décidé, demain, de changer de président.
Avant de fermer mon clavier, un article affirme que Nicolas Sarkozy, durant son mandat, aurait augmenté sa fortune personnelle de plus de 30%. Ah bon ? Encore des mensonges de journalistes. Pour ma part, je suis dubitatif, cela ne me semble pas énorme…

Nicolas GEORGES

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