Des vœux de vous à moi

22 janvier 2012

Chère lectrice, cher lecteur

Savez-vous combien de fois depuis le 1er janvier 2012 chacune et chacun d’entre vous avez dit « bonne année ». 50, 100, 200, 300 fois déjà ?
Nous l’avons dit à notre famille, nos amis, nos relations, à celles et ceux que l’on aime, à celles et celles et ceux que l’on apprécie, à celles et ceux que l’on ne connaît pas mais à qui il est de bon ton de souhaiter le meilleur pour soi, ses proches et toutes les personnes aimées. La bonne année nous la souhaitons également à nos adversaires politiques (de Droite) tout en esquissant un sourire rival. Sourire annonciateur du changement !

L’année 2011 a été le théâtre de grands bouleversements en France mais aussi, et surtout dans le monde.
Les révolutions arabes, nées de la privation de libertés publiques et individuelles, de l’extrême richesse d’une oligarchie méprisant le peuple, de quelques dirigeants corrompus, du chômage et de la misère du plus grand nombre, ont réussi à chasser les Ben Ali, Moubarak et Kadhafi du pouvoir. D’autres sont à venir… nous le souhaitons, pour eux, pour les peuples opprimés.
Il n’y a pas de plus belle victoire que celle de l’Homme sur lui-même. En quelques semaines, des décennies d’histoires sombres partent par la petite porte. Pschitt !
La dictature avait-elle le socle si fragile pour céder sous la pression de la rue ? Quoi de plus naturel que d’exiger le respect de son existence et de ses idées !
Chose étrange, c’est le courage de ces peuples révoltés qui nous a montré qu’il y a encore dans ce monde des dictatures avec lesquelles nous cohabitons. Des dictatures avec lesquelles nous travaillons. Des dictatures que nous considérons. Il n’y a pas si longtemps, souvenez vous, la tente de Kadhafi trônait dans le jardin de l’Elysée, alors que dans le même temps, le président de la république évacuait les tentes sur le canal saint martin. C’est aussi ça la Sarkozy ! Car comme nous l’a fait comprendre notre président actuel, mais aussi ceux qui l’ont précédé, « un chef d’Etat est un chef d’Etat, démocratique ou pas, il doit être traité comme tel, quel que soit le régime en place ». C’est là, la face obscure des démocraties, une sorte de cynisme dont nous devons nous accommoder.

2011 a aussi été l’année du système bancaire. Ce tsunami financier, qui a commencé en 2008 est en train de s’amplifier chaque jour un peu plus. De la banqueroute de la Grèce, à la décote du Triple A, nous avons le scénario d’un psychodrame dont nous sommes à la fois les acteurs passifs, les spectateurs ahuris et les dindons le ventre vide. Un élément ma particulièrement intrigué dans cette crise financière. Il s’est déroulé fin octobre dernier.
Sentant la crise fragiliser à nouveau les banques, les états se posent en sauveur en proposant de recapitaliser une partie. D’un coup, comme par miracle, le ton change. Les banquiers se raidissent et refusent l’aide des états. Pourquoi les banques se mettent-elles à refuser l’argent des Etats ? Serait-ce pour écarter l’intrusion des Etats dans la gestion et préserver l’opacité des pratiques ? Non, cela m’étonnerait. L’Etat serait-il un donateur encombrant ?
Alors qu’elles étaient aux abois, à la limite burn-out, une sorte de mort subite pour trader, les banques opèrent une résurrection financière en affirmant en chœur qu’elles peuvent éponger la crise en cours sans intervention des Etats. C’est beau. Quel sens des responsabilités.
En clair, les banques n’ont pas besoin de l’argent car elles en ont. Ce qui est une bonne nouvelle. En langage décodé, elles ne veulent pas de la contrepartie qui consisterait à laisser aux Etats un ou deux sièges au sein de leur exécutif. En un mot, l’Etat deviendrait un donateur encombrant, car devenu exigeant. Pas bêtes les banques… elles ont vu venir l’Etat avec ses gros sabots.
C’est ce qui s’appelle se faire avoir en beauté. L’Etat, qui avait raté le coche en 2008 en prêtant aux banques sans demander la moindre contrepartie sur la refonte des pratiques qui ont conduit aux dérives boursières, a voulu, sous la pression populaire, exiger une recapitalisation des banques françaises. Et comme par hasard, les trois principales banques françaises sans exception (BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole), retrouvent soudainement le chemin des liquidités, renvoyant ainsi l’Etat dans les cordes, le bec dans l’eau et le train arrière sur un radeau, et hop, bon vent ! Circuler, y a rien à voir !
Si j’étais le patron de BNP Paribas, de la Société générale ou du Crédit Agricole, je serai fier de ce joli coup ! Alors que personne ne s’y attend, je sors un trésor caché sous le sabot d’un cheval pour repousser l’assaut des états. Une pirouette ! plus c’est gros, plus ça marche ! Bravo !
C’est dans ce contexte d’échec-story que la France a donc perdu son triple A. Cet echec story est directement impactable à la politique de Nicolas Sarkozy et de ses cadeaux fiscaux qui ont aggravé la situation économique du pays.
Mais je n’en dirai pas plus, car c’est défoncer les porte ouverte à vous narrer la litanie antisociale du président.

2012 sera donc une année charnière. Certains diront « comme toutes les années en politiques »… c’est surement vrai.
Mais quand on dit « charnière », cela veut surtout dire, qu’il va y avoir débat, prise de position, alliance/désaliance. On va se jeter des « je t’aime », se détester, s’apprécier ; on va se faire des confidences…
En fait, une année charnière c’est tenter de comprendre le monde et d’arriver à faire quelque chose … ensemble si possible pour battre cette Droite.
C’est comme jouer du violon avec des gangs de boxe. Coluche nous a montré que cela était possible avec du talent et de la persévérance… alors courage, ensemble nous formerons un big band !
Nos amis d’hier, nos alliés de demain, nos amis forcés… que restera – t –il de tous cela dans quelques semaines, dans quelques mois ? Pas grand-chose, à part le grand déballage électorale. Les paroles données, les paroles reprises, les petites phrases entre amis, et les électeurs dans tout cela ? Ces chers électeurs, ces tendres électeurs tant convoités ?
J’ai la faiblesse de croire que l’électeur zappe, et se tourner vers les extrêmes et que personne ne s’en rend compte.
Après 5 ans de gouvernance Sarkozyste, nous avons des Français qui sont divisés, des Français qui ont été instrumentalisés par le pouvoir en faisant croire que le problème de l’existence était « l’autre », celui qui n’est pas pareil, celui qui n’est pas dans la conformité, celui qui ne ressemble pas au schéma voulu. Dans le système Sarkozy, il ne peut pas y avoir 2 vérités. Soit vous êtes dans la vérité voulu par le Président, soit vous êtes contre et vous êtes donc marginalisé.

Pour terminer, je souhaite parler de nous, de notre avenir, de ce qui nous uni. C’est bien sur ce socle commun que nous devons bâtir l’avenir. C’est sur ce socle que nous gagnerons ensemble. Si l’union n’exclu pas a différence, la différence doit nous porter ensemble, plus haut, plus fort, pour gagner une à une les villes, les cantons, les circonscriptions…
La campagne présidentielle qui se prépare va être dure, violente, dégradante parfois. Il nous appartiendra d’être irréprochable… pas que dans les intentions mais dans les actes. Tout ce qui est « mal dit » nous sera reproché demain. Tout ce qui est « mal fait » nous sera montré du doigt. Faire de la politique autrement, c’est aussi un signe que nous donnerons comme expression du changement.
Faire de la politique autrement, c’est aussi laisser le temps au temps. Nous avons tellement était abreuvé depuis 5 ans par l’accélération du temps, la précipitation, et la médiatisation de la vie politique, que nous acceptons mal, malgré nous, qu’un présidentiable ne soit pas une « bête de scène », même si beaucoup reconnaisse s’être trompés par l’illusion de 2007.
A tous ceux qui s’interrogent aujourd’hui le manque de charisme de François Hollande, je leur dirai « attendez et vous verrez ».
La campagne commence. Vous en voulez, vous en aurez !
Je vous souhaite une belle et heureuse année 2012

Nicolas GEORGES

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2 Responses to Des vœux de vous à moi

  1. Rui Frati on 22 janvier 2012 at 9 h 37 min

    En 2011 le Brésil, maintenant cinquième puissance, pratique un modèle social et économique différant des nôtres et qui marche, sous la présidence, toute nouvelle, d’une femme de caractère.

  2. Alexandre on 23 janvier 2012 at 11 h 30 min

    Sacré Edito Mr Georges! Toujours la plume bien acérée et bien vitriolée :) .
    J’espère que tout va bien pour toi et la famille.

    Bon courage dans tes engagements.

    A bientôt

    Alexandre

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