François Hollande, une normalité qui perturbe

16 mai 2012

Cela faisait 5 ans que la normalité n’avait plus franchi les marches de l’Elysée. 5 ans, une éternité… Cinq années qui ont permis de travestir la fonction présidentielle en une « marque identitaire », comme si le Président était devenu un produit marketing, une valeur marchande cotée en bourse que l’on devait maintenir coûte que coûte en haut de l’affiche pour satisfaire la soif des traders, des paparazzis, et accessoirement, la satisfaction d’un homme centré sur lui-même.
Le retour à la tradition républicaine est donc un choc. On s’était habitué au « un jour, une idée » du roman-photo Elyséen. Nous avons tellement été abreuvés d’effets de manche permanents où tout est brillance, où tout est extraordinaire, où tout doit être dit, où tout doit être montré, où tout, absolument tout, doit être inscrit dans le grand livre d’histoire, pour qu’après on se souvienne. La postérité, grande satisfaction personnelle, à n’en pas douter.
Alors quand il est question de revenir aux fondamentaux de la tradition, l’adaptation est rude tellement les habitudes sont solidement enracinées dans la vision du pouvoir. En quelques jours, voire même en quelques heures, le sevrage bling-star-paillette-jogging-Fouquet’s n’a pas encore eu le temps de désenclaver nos modes de pensée qu’il nous ait demandé de reprendre la vision d’avant, comme si l’air Sarkozyste était une parenthèse qui avait fait sortir la fonction présidentielle de son lit. Pas d’éclat, pas de frou-frou, pas d’extravagance, juste la sobriété, le respect de la fonction.
Alors, les journalistes, amis, politiques, passants attentifs, badauds de la première heure, tous restent sans repères devant cette normalité du pouvoir qui perturbe. Les pourfendeurs de scoops sont momentanément suspendus dans l’attente d’un bruit de couloir. Le silence d’un pouvoir, d’une force, tranquille, demande un temps d’adaptation. Etrange sensation. Le temps calme. Presque serein.
Même les opposants de droite ont encore du mal à trouver des angles d’attaque contre le nouveau président. Ils finiront bien par en trouver, mais pour l’instant, eux-mêmes ont du mal à naviguer dans une mer apaisée et réconciliatrice.
« Je ne déciderai pas de tout, pour tous et partout. Le pouvoir au sommet de l’État sera exercé avec dignité et simplicité, avec une grande ambition pour le pays. Et une scrupuleuse sobriété dans les comportements ».
Je ne doute pas que cette phrase, prononcée par notre nouveau président, servira de socle commun pour reconstruire une France divisée où les Français ont été les otages idéologiques, à des fins électoralistes. Parce que nous avons plus de points communs que de divisions, réapprendre ensemble, me semble être une étape obligée. Voilà une ambition qu’il lui faudra mettre en œuvre collectivement, le plus vite possible.

Nicolas GEORGES

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