ISF et le syndrome électoral du vote utile

13 avril 2012

Beaucoup le pensait, Françoise Hardy l’a dit : « si François Hollande est élu, je vais être à la rue ». C’est une émotion d’une rare intensité qui m’a envahi à l’écoute de cette prophétie. Je la qualifierai même de « perle » dans le palmarès des réflexions avant-gardistes. Je me suis demandé si Françoise n’avait pas été hypnotisée ou alors, a-t-elle, comme Gérard Depardieu, bénéficié d’un petit coup de pouce pour ses affaires de la part du président en chair, ce qui expliquerait cette brillante et surprenante sortie médiatique. Quoi qu’il en soit, plus tard, on la ressortira, entre amis, quand on aimera se faire peur… et rire aussi.
On imagine assez bien la fuite en avant, cheveux encore mal coiffés, sur des carrioles bricolées à la hussarde, des grandes fortunes de France sur les routes départementales en direction des montagnes suisses, pour rejoindre les alpages. Ce sera la ruée vers l’or, le leur, pour rejoindre, en plus de l’air pur, l’argent suisse qui coule des jours heureux à l’abri de l’impôt. Pendant ce long pèlerinage vers l’argent Roy, Françoise nous chantera l’hymne de survie pour combattre l’apocalypse électorale « Allons protéger nos magots, fuyons les socialos qui veulent partager nos millions d’euros-bobo !… Allons Ô lingots, sur la route Bingo !…». Ce sera le champ des partisans de l’impôt zéro.
Ils partiront à la tombée du jour. Les plus pauvres d’entre eux, iront en Jet jusqu’à Genève puis prendront le yacht de Vincent Bolloré pour traverser le lac Léman. Ils souffleront sur l’hélice pour ne pas réveiller le garde côte. Pour sure, le 6 mai 2012 sera la nuit la plus longue. J’imagine assez bien des milliers de paillettes qui viendront embarquer sur les boats peoples avec l’espoir d’une vie meilleur et plus éclairée. La nuit de l’horreur à vrai dire.
Mais au fait, combien de gens normaux aimeraient payer l’impôt sur la fortune ? Combien de gens normaux aimeraient payer de l’impôt… tout simplement !
Heureusement, son fils, par compassion médiatique probablement, lui a proposé de venir dormir chez lui. C’est un juste retour des choses. Il est un âge où le parent a besoin d’être, à son tour, sous la protection de ses enfants. Françoise est donc rassurée, en cas de victoire de l’épouvantail socialiste, elle aura l’hospitalité.
Une chose interpelle dans cette hallucinante révélation. Pendant que les Français s’interrogent sur les questions de fond qui permettront à la France de sortir par le haut de cette crise de confiance, certains pensent uniquement par le prisme de la préservation d’intérêts personnels. Cela me donne envie de relire ses textes avec plus d’acuité. Je ne savais pas qu’elle partageait autant de choses avec ceux qui ont achetés ses disques.
C’est comme les politiques qui veulent se mettre à la chanson. Chacun son métier.

Nicolas GEORGES

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One Response to ISF et le syndrome électoral du vote utile

  1. jean claude Chebrou on 13 avril 2012 at 23 h 03 min

    En plus je pourrai pas l inviter, elle est homophobe!

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Ce blog est une cabine d'essayage. C’est par définition un espace étroit de réflexion intime. De temps en temps, j’ouvre le rideau pour laisser passer la lumière. Cette dernière n’est pas toujours d’une grande intensité, ce qui laisse une marge de progression importante. Je préfère ne pas dire tout ce que je pense mais suffisamment pour être entendu.

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