Je spame ton cœur

6 janvier 2015

Ce n’est que par le plus grand des hasards que je suis tombé sur un livre d’Ovide en voulant ranger ma bibliothèque. Mécaniquement, j’ai ouvert le livre et feuilleté quelques pages. La lumineuse et intrigante phrase dans la Médée d’Ovide m’est revenue en tête « je vois le meilleur et je l’approuve, je fais le pire ». J’ai souri. J’avais une chance sur mille de tomber dessus un 2 janvier. Cette chance était une bénédiction… philosophique, car avant de replonger dans cette citation, je ne trouvais aucun sens profond à la déclaration de vœux. Comme si ma propre peine ne suffisait pas, j’étais sollicité pour rédiger des formules innovantes qui oscillent entre la déclaration d’amour énigmatique d’un amant caché et le slogan choc qui va repulper la mode dans les prochaines années.

La Médée venait de réorienter mon travail de recherche pour les vœux de la nouvelle année. Une question m’est apparue comme une évidence : Et si l’homme, en souhaitant le meilleur à son semblable, échouait alors qu’il connaissait le chemin pour y arriver, l’homme pourrait-il s’arrêter volontairement au souhait, c’est-à-dire à l’intention de faire, et non pas à la promesse de l’engagement, par son refus d’accomplir le meilleur pour autrui ?

Tout devenait clair maintenant. Mon erreur était de chercher une vérité. En fait, il n’y en a pas. Si vérité il y a, elle préexistait déjà. Il n’y a donc pas de surprise dans ceux qui vous souhaitent le meilleur. Pour les autres qui vous spament le cœur, je reste admiratif. Avec autant d’amour promis, le monde doit s’attendre à une année 2015 féconde de bonheur partagé.

Nicolas GEORGES

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Ce blog est une cabine d'essayage. C’est par définition un espace étroit de réflexion intime. De temps en temps, j’ouvre le rideau pour laisser passer la lumière. Cette dernière n’est pas toujours d’une grande intensité, ce qui laisse une marge de progression importante. Je préfère ne pas dire tout ce que je pense mais suffisamment pour être entendu.

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