L’insoutenable curiosité de vouloir payer plus

20 août 2011

Pourquoi ceux qui sont si différents veulent-ils brusquement ressembler à tout le monde ?
Il y a des annonces que personnes n’auraient pu imaginer, tant elles sont décoiffantes. Même la pire des séries américaines n’aurait pas osé proposer un tel scénario à la plus petite des chaines du câble. Mais de quoi s’agit-il ? D’un renversement total des valeurs et … des principes ? La découverte d’un ADN unique au plein cœur d’un système opaque : le financier repentant.
Le concept est difficile à expliquer car il est encore nouveau, et pour tout dire, il est encore conceptuel, et pour dire encore, ce n’est qu’une déclaration.
De qui ? Warren Buffett, 81 ans. Pesant la coquette somme de 34 milliards d’euros, cet américain s’est octroyé une curiosité inaccessible au commun des mortels. J’en ai trop, je donne. Indécence, clientélisme, moment de gloire personnel, cynisme mondain, hypocrisie ou vrai acte de solidarité ? Peu importe. La cote de popularité du milliardaire s’est miraculeusement élevée dans la catégorie des grands humanistes. C’est fou comme l’humanité se satisfait de peu.
Devant un tel buzz, en plein été, alors que beaucoup de Français ne partent pas ou peu, la déclaration du milliardaire américain Warren Buffett ne pouvait faire que des émules en France. Le premier à sortir du bois : Maurice Lévy, président de l’Association française des entreprises privées (AFEP) et président du directoire de Publicis Groupe. Lui aussi s’est senti brutalement trop riche en période de crise. Il s’est même fendu d’une chronique au journal Le Monde.
Depuis ces annonces récentes il y a une question qui me taraude : Pourquoi ?
La réponse viendra… un jour. L’important, c’est la réaction de la ministre du budget, Valérie Pécresse, qui semble à la fois surprise et désemparée. D’habitude, les fortunes, friandes des nouvelles niches, sont expertes dans le détournement d’argent en toute légalité dans les paradis fiscaux encore autorisés. Cette fois ci, c’est comme si elles prenaient tout le monde de court. Y compris le gouvernement. Du coup Valérie Pécresse, doit répondre au besoin des plus riches d’être plus taxés. Avec le soutien attentif de son 1er ministre, lui-même sous la houlette du Président, elle propose de ne taxer que les revenus dépassant 1 million d’euros par an. Car pour Nicolas Sarkozy, la commande est claire : On est riche à partir d’1 million d’euro de revenus par an. Il n’est donc pas question de taxer en dessous. Pas assez riche ou juste trop pauvre.
Et la contrepartie ? Comme il est coutume de dire, c’est celui qui paye qui choisit le menu. Dans le cas de cet élan de solidarité, ceux qui donnent plus pourraient-ils être tentés de donner les axes de la rigueur budgétaire annoncée par l’état pour réduire les déficits publics. Une sorte de cabinet noir au service de l’état qui dicterait ses conditions en échange de son argent. D’ailleurs, Maurice Levy dans sa chronique au journal Le monde annonce la couleur des contreparties possibles en expliquant « Osons nous attaquer aux vaches sacrées. » de quelles vaches sacrées parle-t-il ? Ce serait intéressant d’avoir les détails de son programme pour la France avant de recevoir les subsides de sa fortune.
Chose importante, Monsieur Lévy a proposé que cette mesure soit exceptionnelle. Ce qui sous entend qu’elle ne peut donc pas s’inscrire dans la durée. La précision est importante. La solidarité, quand vous êtes riche a ses limites. Il faut savoir être pragmatique, surtout en tant de crise. Les pauvres apprécieront le geste.
Autre chose importante à décrypter, Maurice Lévy, président de l’Association française des entreprises privées (AFEP) et président du directoire de Publicis Groupe, est un grand ami de Nicolas Sarkozy. Serait-ce le geste fraternel, d’un ami à un autre ami, pour sauver le radeau présidentiel à l’approche de 2012 ? Mais au fait, qui dans les grandes puissances financières, n’est pas son ami ? Dire qu’on voudrait nous faire croire que c’est pour réparer une injustice que les plus riches veulent payer plus…

Nicolas GEORGES

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4 Responses to L’insoutenable curiosité de vouloir payer plus

  1. Fredonnet on 21 août 2011 at 18 h 03 min

    Tout cela me paraît … risible !

    Mérite-t-il que l’on s’y attarde ?

    Contentons nous d’affirmer que NOUS-SOCIALISTES- SOMMES POUR LA JUSTICE SOCIALE.

    LA JUSTICE ET NON LA CHARITE!

    « le fait du prince » ne nous concerne pas .

    Un haussement d’épaule devrait suffire pour acueillir les intentions, certes louables (même si elles sont suspectes!), de « mon bon monsieur! »

  2. Massé Elodie on 21 août 2011 at 19 h 15 min

    Il ne faut pas tout confondre je pense et faire des amalgames. D’un côté on a un homme américain milliardaire qui souhaite contribuer à la relève économique de son pays, et c’est sur qu’en France, on ne peut pas faire de parallèle. Nous n’avons pas le même nationalisme, on n’a pas le même système de valeurs. Les riches aux US sont certes riches, ça ne les empêchent pas par pur nationalisme, je dis bien nationalisme et non pas philanthropie, de mettre la main au portefeuille. Tu as des sociétés telles Google, Microsoft ou encore Facebook qui sont basées sur ce système « je te donne, pour que ça me revienne à un moment où un autre ». Je ne dis pas que je cautionne le système américain qui est terrible pour les plus pauvres d’entre eux mais la solidarité nationale n’a pas le même « goût » que chez nous. En revanche, puisqu’il faut bien parler de notre système français que tout le monde est censé nous envier, il est « censé » être solidaire. Les plus riches reversent pour les plus pauvres. Sauf que dans la réalité, on s’aperçoit bien que ce n’est plus du tout le cas depuis 2002. Les niches fiscales bénéficient qu’à une partie de la population et contribuent à creuser la dette publique. Je ne crois pas que Buffett ai choisit de donner plus d’impôts à son pays par pur philanthropie mais il a eu au moins le mérite de se dire qu’il avait les moyens aujourd’hui pour soutenir son pays et, que biensur, demain lorsque le dit pays serait remis, ça lui bénéficierait. Maintenant on peut l’analyser, décortiquer son attitude mais les faits sont là. De l’autre côté de l’Atlantique on n’a pas la même attitude, on n’a pas ce même rapport à l’argent. La question est donc bien de revoir le système fiscal français et de faire payer équitablement toute la société à la hauteur de ses moyens. Et si certains se sentent l’envie de payer plus, eh bien pourquoi pas. Ce n’est pas une réparation d’injustice, on n’est dans une situation inédite. À situation inédite, solution inédite!

  3. Jérôme24 on 23 août 2011 at 13 h 14 min

    Perso, je refuse de croire qu’ils acceptent de donner des sommes colossales par pure bonté d’âme alors que jusqu’à maintenant, c’était (et c’est toujours, je ne me fais pas d’illusions !!!) « planquons le max dans les paradis fiscaux, il en restera toujours quelque chose ». Passer de l’égoïsme total à Mère Teresa ne se fait pas en quelques jours, et pour ces gens là, à mon humble avis, cela ne se fait jamais. Avez-vous vu l’appel des très riches signé par Bettencourt et quelques autres « grands » (cf. article dans le Nouvel Obs ce jour) ? C’est juste terriblement risible… Fermez plutôt les paradis fiscaux, on en reparlera… et si vous leur donnez le choix paradis fiscaux / contribution exceptionnelle, ne doutez pas de leur choix…

  4. BRIZION on 24 août 2011 at 18 h 09 min

    Nous devons ignorer leur soudaine bonté comme ils ont aussi volontairement ignoré la misère du peuple depuis le début du règne de la droite conservatrice cherchant à se maintenir coute que coute au pouvoir puisqu’une voie unique du libéralisme international et mondial soutenu par N. Sarkozy s’il devait remporter un second mandat de Président de la République.

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