L’affaire des parrains de Marine Le Pen

22 février 2012

Ils devront montrer pattes blanches. Ce sont les sages du Conseil constitutionnel qui l’ont dit. Marine Le Pen, qui avait souhaité que les 500 signatures pour l’élection présidentielle soient rendus anonymes, va encore pouvoir victimiser son discours en affichant la bonne vieille rhétorique du complot. Pour l’héritière de l’extrême droite française, le parrainage est l’expression d’un soutien public au même titre qu’un vote. Il doit donc relever de l’anonymat. Mais l’équipe du président du Conseil en a décidé autrement en préférant l’argument de la transparence des parrainages. L’avocat frontiste a qualifié cette décision de « manque de courage » de la part du Conseil. A mon avis la notion de courage ne doit pas avoir la même signification pour tout le monde. Au Front national, la définition du courage semble être détournée de son sens pour se convertir en un support idéologique. En clair, le courage serait une façon de cacher un vote que les élus locaux pourraient avoir du mal à montrer… et à assumer. C’est donc ça le courage frontiste : cachez ce que je ne saurais voir, montrer et assumer.
Cette décision, Marine Le Pen la connaissait à l’avance. Cet évènement, qui n’en est pas un, est un coup de communication supplémentaire qui va lui donner l’opportunité de brandir le bon vieux chiffon bleu-blanc-rouge. A peine l’annonce faite, en digne fille de son père, Marine le Pen a voulu capter l’attention en affirmant qu’elle était « la candidate du peuple contre le système ».Une façon pour elle, de faire la démonstration du « tous contre nous ». Ce besoin de victimisation, vient à l’heure où les sondages, qu’elle critique mais qu’elle regarde, la donne en légère baisse malgré sa sortie sur la viande Halal dont l’énormité du mensonge n’a pas produit les effets escomptés.
Je dois reconnaître qu’elle est aidée dans sa baisse des sondages par le père historique du front qui ne cesse depuis plusieurs jours de faire des interventions médiatiques. Pas facile de rester dans l’ombre. Trop frustré d’être en retrait, il a fallu qu’il nous en fasse une petite en citant un poème de Robert Brasillach, écrivain collaborationniste et antisémite. A qu’il semblait fier de remonter sur le ring en lançant une nouvelle insulte à l’histoire de notre pays. Il a repris du service comme dans le temps où il était le boute-en-train des identitaires en mal de slogans déviants.
Elle qui avait réussi à créer une passerelle entre l’extrême droite et la droite classique, aidée il faut le dire par Nicolas Sarkozy en personne, elle se voit replonger avec les interventions de son père, dans les méandres sulfureux des partis qui « posent problèmes ».
Bien plus que le faux problème des 500 signatures, Marine sait que son principal problème c’est Jean Marie. Il est incorrigible le bougre : pas de donation du parti de son vivant. C’est ça l’oligarchie…

Nicolas GEORGES

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