Les phéromones du pouvoir

19 mars 2014

L’odeur du pouvoir peut-elle transformer un candidat en prédateur ?

Entre odeurs particulières et sécrétions hormonales, les campagnes électorales sont-elles propices à la résurrection animale qui sommeille en nous ? Cette question n’est pas le fruit d’une insomnie passagère, mais bien d’une analyse concrète sur le comportement humain en campagne électorale. Mensonges, blasphèmes, insultes, agressions, croix gammée et autres douceurs du quotidien, tout cela m’interroge sur le mental, accessoirement sur les valeurs, des prétendants au trône de 1er magistrat de la ville.

Alors qui sommes-nous ? Cro-Magnon ou néandertaliens ? À moins que chacun d’entre nous ne soit pas adapté à la vie politique, je constate que la passion l’emporte devant la raison avec pour conséquence de mettre en avant les bas instincts à défaut de l’intelligence, même étalée comme de la confiture. Car oui, certains se laissent aller dans des actions douteuses alors même qu’ils jurent devant dieu (et ses électeurs) qu’ils incarnent la pureté, l’amour des autres et le désintéressement de la fonction suprême. Ben voyons, rien que ça…

Cette métamorphose de l’homme en période électorale est probablement la conséquence d’une surabondance de phéromones, elle-même amplifiée par la vision alléchante du pouvoir. Le pouvoir, quant à lui, devient le combat suprême qui offre le sacre au vainqueur et la mort au perdant.

Cette question du retour à l’animalité me taraude au regard des comportements étranges constatés ici ou là, le jour, la nuit… Je les vois roder, à l’affut d’une affiche, une truelle à la main comme s’ils tenaient un sabre pour scalper la première tête venue ! Je les vois s’acharner sur les affiches comme d’autres planteraient des aiguilles dans une poupée de chiffon…

Alors oui, je m’interroge sur ces êtres, gorgés de phéromones, qui se lancent à corps perdu, sur l’autre, l’adversaire. Ils ne savent rien de l’autre et pourtant ils le détestent…

Alors oui, en les voyant, je m’interroge : l’humain peut-il redevenir l’animal qu’il a été jadis ? Ou pire encore, sommes-nous ce que nous prétendons être ? Si ce n’est pas le cas, depuis quand vivons-nous dans le mensonge d’une intelligence usurpée, empruntée à un être surnaturel jamais révélé ?

Je dois me résoudre à dire que l’intelligence est un niveau d’exigence inaccessible pour beaucoup de protagonistes en périodes électorales. En regardant de plus près certains spécimens, cela me fait penser à ces plantes qui trompent certains insectes en reproduisant l’odeur des phéromones des pollinisateurs…

Je ris au fond. Je me dis que nous avons pris de l’avance en développant autre chose que l’odorat.

 

Nicolas GEORGES

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Ce blog est une cabine d'essayage. C’est par définition un espace étroit de réflexion intime. De temps en temps, j’ouvre le rideau pour laisser passer la lumière. Cette dernière n’est pas toujours d’une grande intensité, ce qui laisse une marge de progression importante. Je préfère ne pas dire tout ce que je pense mais suffisamment pour être entendu.

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