Mélenchon et Le Pen, une communication basée sur le chaos

6 mai 2013

Les extrêmes ont un os à ronger, mais attention, n’est pas le messie qui veut. Après moi le néant. Et si le néant n’apportait rien de plus, à part peut-être la satisfaction du « rien » ? Il serait donc question de détruire ce qui existe sans autre projet derrière… juste la précipitation de la fin ? Sur le plan politique, ce serait remplacer des incapables par des inconscients.

Pour Jean Luc Mélenchon et le clan Le Pen, cette stratégie semble avoir toujours été la marque de fabrique. C’est le propre des brasseurs idéologiques perpétuels. Chez nos ancêtres les schtroumpfs, comme chez Blanche-Neige, nous avons toujours dans un groupe celui ou celle qui est contre tout, quel que soit le tout. S’opposer devient une raison d’être, un sens que l’on donne à sa vie. Car aimer est une façon de se soumettre à l’autre, une marque de faiblesse. Combattre est au contraire un affrontement, une façon d’avoir sa propre identité différente des autres. Je me démarque, donc je suis !

Mélenchon et Le Pen sont donc ces surfeurs idéologiques professionnels en train de parier sur la crise et l’effondrement du système comme raison ultime. Exister par les ruines… mais attention, ici, pas de renaissance par les cendres ! Le chaos comme objectif, rien de plus.

Un ami qui est devenu aujourd’hui un agitateur de la pensée populaire m’avait enseigné ce concept subtil et efficace pour prendre le pouvoir : il faut d’abord casser ce qui existe, ensuite tu attises les tensions pour obtenir des conflits jusqu’au marasme médiatique. Une fois que tout devient, en apparence, ingérable, tu proposes une alternative en fédérant les minorités autour de toi pour dégager une majorité. Il ne te reste plus qu’à ramasser la mise en devenant la clé de voute de la sortie de crise. Tu deviens le sauveur d’un problème que tu as toi-même orchestré. Une sorte de pompier pyromane au service d’une stratégie personnelle.

Cette façon de mettre en mouvement les éléments était une pensée totalement révolutionnaire pour moi. Je venais de comprendre, qu’associer des énergies, même par défaut, pouvait entre elles, générer une alchimie d’intérêts dirigés vers un objectif à abattre. L’être naïf que j’étais avait trouvé cela machiavélique. La politique humaine était vraiment en plein conflit d’intérêt avec elle-même. Je venais de comprendre que l’engagement, voire la révolution, n’était pas forcément le moyen de faire aboutir ses idées, il pouvait, dans certains cas, servir à faire exister un individu.

Mélenchon, dans sa communication du chaos, reprend une symbolique biblique. J’y vois l’image du messie emmenant le peuple vers cet autre monde plein de solutions évidentes et d’amour perpétuel. Ne ferait-il pas un transfert ? Et s’il se prenait pour le « tout », l’indivisible ?

J’aime ce concept de manipulation de masse au service d’un pragmatisme égocentrique. Il semble s’appliquer parfaitement aux pourfendeurs de la pensée identitaire des deux extrêmes.
A force d’utiliser la même posture médiatique, les extrêmes se retrouvent à marcher ensemble pour atteindre le même objectif, signe d’une stratégie de démarcation qui a raté. Les protagonistes du chaos, englués dans une coalition de vase communicant et d’idéologie contraire, avancent dos à dos mais main dans la main, parasitant ainsi le message d’origine, message qui finira relégué aux oubliettes.

Nicolas GEORGES

Tags: , , , , ,

2 Responses to Mélenchon et Le Pen, une communication basée sur le chaos

  1. dupouy on 6 mai 2013 at 16 h 11 min

    bien pensé !

  2. Tietie007 on 7 septembre 2014 at 20 h 33 min

    Melenchon a fait un retour en force aujourd’hui !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Bienvenue !

Untitled Document Me connaître | Contact

Ce blog est une cabine d'essayage. C’est par définition un espace étroit de réflexion intime. De temps en temps, j’ouvre le rideau pour laisser passer la lumière. Cette dernière n’est pas toujours d’une grande intensité, ce qui laisse une marge de progression importante. Je préfère ne pas dire tout ce que je pense mais suffisamment pour être entendu.

Recherchez