Montebourg, peut-être ben qu’oui peut-être ben qu’non

13 octobre 2011

Arnaud Montebourg est passé du mec super sympa et bien à gauche, au mec hautain faisant monter les enchères entre Hollande et Aubry dans une lettre à but médiatique. C’est dommage que la mise en scène remplace le fond des idées. A force de tourner autour du pot, il est possible qu’il accouche d’une souri.
Dans un sens rien d’étonnant. Les campagnes électorales sont toujours des moments d’instance créativité linguistique et de concept marketing pour rafler la mise populaire. Les primaires citoyennes n’échappent pas à la règle. Les candidats doivent rivaliser d’images, de slogans en tout genre pour marquer les esprits. Les mots deviennent une marque. La marque nous démarque. C’est à qui sera le « plus » ou le « mieux » et voire même le « plus mieux ». Il faut montrer ses idées comme d’autres montrent leurs muscles pour séduire les cocottes-girls de passage sur le sable chaud de Perpignan.
Le débat, c’est le grand show avec ces joutes oratoires. Vous avez les spécialistes de la phrase qui fait mouche, les spécialistes de l’image qui fait choc, les spécialistes de l’émotion comme arme de proximité, et puis les spécialistes qui sont sortis du débat mais qui continuent de s’agiter en coulisse. Ils sont ici, demain là-bas, souvent ailleurs, toujours en embuscade. Le don d’ubiquité est un atout nécessaire en politique.
C’est donc dans le ventre mou de l’incertitude idéologique que nous retrouvons : le peut-être ben qu’oui peut-être ben qu’non, concept assez répandu dans les courants d’influence. Il s’apparente à la politique du paon, stratégie qui consiste à agiter son plumage pour attirer la lumière sur soi. Lumière qui, à son tour, éclaire le « moi » du paon. Une sorte de satisfaction caressante produit par le regard de l’autre. Car les peut-être ben qu’oui peut-être ben qu’non savent se faire désirer, ils savent qu’ils sont beaux uniquement par le regard de l’autre. Les matins en se rasant, ils se répètent en boucle « j’existe parce que tu me regardes ». Moment de gloire pour les personnes convoitées.
Alors, ne pas dire oui de suite, c’est devenir maitre du destin de l’autre. Se faire désirer devient l’arme de séduction finale.
Les peut-être ben qu’oui peut-être ben qu’non jouent au billard sur plusieurs bandes, tournent autour du trou, se frottent contre, un peu, beaucoup, se retirent, ralentissent, reviennent, font une pause, accélèrent, ignorent quelques temps, puis reviennent encore, claquement d’yeux, simulation d’osmose… absence. Puis de nouveau, rapprochement, épanchement, attente langoureuse, ronronnade, promesses, accord, puis de nouveau le retour aux sources de l’intérêt personnel… entre les deux mon cœur balance, les intérêts aussi.
Les électeurs, eux, regardent les échanges. C’est déjà ça. Et puis enfin, la fumée blanche… c’est François. Il était temps, quelques heures de plus et nous aurions du faire une césarienne.

Nicolas GEORGES

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One Response to Montebourg, peut-être ben qu’oui peut-être ben qu’non

  1. carole on 14 octobre 2011 at 16 h 01 min

    Je serai moins prolixe que toi sur le sujet. Mais son choix est fait et ce sera Hollande pour lui. Pour moi c’est surtout le Gauche qui compte. Il faut juste faire attention lorsqu’il annonce dans un premier temps que le principal défaut de Ségolène c’est son compagnon. A l’époque FH…

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