Nicolas Sarkozy dans le rôle du perdant imaginaire

26 janvier 2012

A qui pourrait-on faire croire que le président de la République se voit déjà en futur perdant ? Personne. A qui pourrait-on faire croire que le président de la République troquerait son éternel, et inviolable autosatisfaction, par un doute infâme et déstabilisant ? Personne. Qui pourrait croire enfin, que l’homme devenu roi, accepte de redevenir simple sujet à la merci du peuple par fatalité ?
Sarkozy perdant avant le départ ? C’est le buzz du moment. Ou plutôt la nouvelle manœuvre des storytellers du président. Et ça marche. C’est en regardant les reportages du petit écran ou en lisant la presse écrite sur les pseudos confidences de Nicolas Sarkozy évoquant l’hypothèse de sa défaite que les bras m’en sont tombés. Je me suis demandé si je ne lisais pas un copié/collé du service communication de l’Elysée maladroitement transformé.
Si je ne connaissais pas le président, les larmes me seraient presque venues aux yeux tellement le portrait de cet homme en fin de règne était touchant. Voici quelques paroles prononcées par le président, à l’insu de son plein gré et à proximité des journalistes : « De toute façon, je suis au bout », mais aussi « Dans tous les cas, pour la première fois de ma vie, je suis confronté à la fin de ma carrière. » Le clou de la confidence est quand il met en scène une improvisation littéraire en citant Pascal « l’homme est ainsi fait que tout est organisé pour qu’il oublie qu’il va mourir ». Que c’est beau, que c’est grand, quelle âme !
Qui peut ne pas rester insensible aux questionnements mélancoliques d’un homme qui regarde l’horizon la main sur le cœur, le regard détaché du pouvoir comme si rien n’avait de l’importance que l’existence elle-même. Loin des querelles, loin des turpitudes de la vie politique, loin de tout… tout simplement.
Il compte peut-être montrer qu’il a touché le fond, et qu’après avoir opéré en lui une introspection qualitative, il renaitra de ses cendres, sollicité par ses pairs, pour de nouveau affronter le pays. Oui, c’est ça le scénario. Le héros solitaire qui part dans le désert pour réfléchir sur le monde et revenir vers nous, tel Moïse de retour du Sinaï.
Il attend d’être acclamé ; il attend que son nom soit scandé par la foule qui ne veut pas le voir partir, mais le sollicite pour se lancer à l’assaut des grands défis de ce monde. Dans quelques jours, sortie nationale pour le retour de président sur la scène médiatique : TF1, France 2, TV5, I télé, BFM, LCI ainsi que sur les chaînes parlementaires… si ce n’est pas le retour du messie, je n’y comprends plus rien.

Pas de chance. Personne n’est dupe. L’histoire ne prend pas. Le film ne fait plus recette. L’acteur ne fait plus rire car il ne joue plus, il est lui-même. Comme le dit Eddy Michel « c’était la dernière séance ».

Nicolas GEORGES

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3 Responses to Nicolas Sarkozy dans le rôle du perdant imaginaire

  1. Rui Frati on 26 janvier 2012 at 23 h 58 min

    Excellent!!!

  2. Yan-Kel on 27 janvier 2012 at 16 h 45 min

    Quel talent, digne d’un écrivain, la fortune n’est pas loin!!!

  3. jean guy on 28 janvier 2012 at 10 h 30 min

    superbe analyse ,il nous prend pour des cons .et dire qu il y a des gents qui vous avoir un sentiment qui faut sauver l empereur et voterons pour lui

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