Sarkozy, l’homme qui voulait tuer le FN

24 avril 2012

Je me souviens, c’était sa grande victoire : « J’ai tué le Front National » avait t-il lancé au peuple Français au lendemain de sa victoire aux présidentielles de 2007. Il était sûr de son fait à cette époque, une sorte d’euphorie mystique que seuls les parvenus peuvent ressentir. Il avait tellement décomplexé la Droite qu’il avait fait tomber le mur idéologique pour inscrire sa victoire dans le marbre. Il avait réussi à faire croire à la Droite républicaine que son destin était de se fondre dans le lit douillet des slogans populistes de l’extrême Droite. Il était donc devenu le messie de l’unification des deux droites. Ca c’était avant, quand il marchait sur l’eau, quand la poudre et les effets de manche avaient le pouvoir de galvaniser la foule en brouillant la perception de la réalité.
Maintenant, en 2012, force est de constater que la prophétie n’a pas tenu l’épreuve du temps. L’illusionnisme ne fait plus rêver la foule. Le peuple s’est réveillé, le numéro de cirque est terminé. Et pourtant, Nicolas Sarkozy y a mis du sien pour épouser le programme du Front National : Brice Hortefeux, ministre de l’immigration qui a créé le concept d’immigration choisie et durcit la politique d’éloignement ; Eric Besson qui a voulu pousser la chansonnette nationaliste en rebâtissant son ministère par « Ministère de l’immigration et de l’identité nationale », histoire de faire glisser dans les consciences le concept de Droit du sol par Droit du Sang ; sans oublier Claude Guéant, idéologue du Front National au service du gouvernement, qui affirme que « toutes les civilisations ne se valent pas ».
Oui vraiment, Nicolas Sarkozy a vraiment tout fait pendant son quinquennat. Il a même détruit, dans un admirable show médiatique, un camp de Roms avec des pelleteuses, fait évacuer ces populations manu militari en les forçant à monter dans le train, avec toute la symbolique néfaste qui en découle. Mais que nenni. Les Frontistes ne l’aiment pas.
Lui qui voulait tuer le Front National se retrouve talonné par la bête qu’il croyait avoir absorbé. Pourquoi le FN n’est pas mort alors qu’il a tout fait pour le séduire ?
Et c’est alors que les élus UMPistes se souviennent de la déclaration de l’ancien patron Frontiste à propos du copié/collé de Sarkozy sur les thèmes du Front national, « mieux vaut l’original à la copie ». C’est effectivement ce qui s’est passé.
Alors qu’il (le candidat aux abois) cherche l’argument de ralliement ultime, il tente tout azimut de faire le paon. Il essaye une nouvelle tactique, celle qui consiste à considérer les électeurs du front national comme des égarés, des déçus, voire même des personnes malades. C’est avec cette haute considération, que Nicolas Sarkozy affirme qu’il « veut apporter une réponse » aux électeurs du Front national, car ce sont des électeurs en « souffrance » affirme-t-il. Nous voilà avec un candidat docteur qui veut soigner le malheur des gens. Guérir le mal par son poison peut-être…Je laisse l’appréciation aux intéressés.
A l’heure actuelle, personne n’est dupe. Le « aidez-moi ! » de la place de la Concorde est la trahison, ou la parole vraie, de son inconscient à l’attention des électeurs pour l’ensemble de son œuvre.

Nicolas GEORGES

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One Response to Sarkozy, l’homme qui voulait tuer le FN

  1. Douay on 25 avril 2012 at 22 h 30 min

    Toujours autant conquise par tes propos écrits avec beaucoup de pertinence et de raffinement.
    Merci,
    Ta petite sœur

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Ce blog est une cabine d'essayage. C’est par définition un espace étroit de réflexion intime. De temps en temps, j’ouvre le rideau pour laisser passer la lumière. Cette dernière n’est pas toujours d’une grande intensité, ce qui laisse une marge de progression importante. Je préfère ne pas dire tout ce que je pense mais suffisamment pour être entendu.

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