Une communication patrimoniale, s’il vous plait !

18 avril 2013

C’est bien connu, on ne nous dit pas tout. Et même tout, ce ne sera jamais assez. L’être humain est ainsi fait. Il est un chercheur infatigable, insatisfait. Alors il cherche, s’interroge en grattant derrière la vérité pour savoir s’il ne manquerait pas un petit bout de quelque chose : est-ce vraiment tout ? N’y aurait-il pas un petit bout de terrain ici ou là, une bague de la grand-mère cachée sous le linge, une truelle enfouie au fond du jardin ? La vérité sur tout en sachant qu’il y a là, une exigence impossible. La vérité à l’image d’un puits sans fond dans lequel la lumière ne perce que par intermittence…

La part d’ombre subsistera toujours, ne serait-ce que dans notre propre capacité à douter de tout. Car avec ce fichu doute, on n’en a jamais assez. On en veut toujours plus. Mais si c’est tout, vraiment tout. Chercher le « tout » à tout prix aurait donc cette vertu thérapeutique d’assouvir notre besoin de connaissance de l’autre. Car c’est bien cet « autre » qui nous gouverne qu’il nous faut apprivoiser, cet animal sauvage qui voyage dans les sphères inatteignables du commun des mortels !
Le besoin de transparence cache l’irréversible suspicion envers la caste dirigeante. L’exercice consisterait donc à retrouver la confiance par la transparence. L’exercice n’est pas des plus faciles. C’est un peu comme faire ses premiers pas sur un fil qui relierait deux falaises. Alors, qui traverse le premier ?

Dis-moi quels sont tes bijoux, je te dirai si tu peux gouverner !

Le voyeur que je suis était donc aux aguets. Maintenant que le patrimoine est porté à la connaissance de tous, et que nous savons qui a quoi et dans quelles proportions, nous allons pouvoir dormir sur nos deux oreilles et regarder avec une plus grande clairvoyance les décisions prises par nos responsables politiques.
Porter à connaissance, cela fera-t-il mieux avancer le schmilblick ? C’est bien la question de fond, voire même la seule raison d’un tel déballage. Car bien sûr, avant de savoir, je m’interrogeais, comme d’autres, autour d’un café, sur le zinc du comptoir, à la pause déjeuner. Je voulais savoir. Je trépignais d’impatience à l’idée d’entrer dans le jardin secret des bijoux de famille. Maintenant que c’est publié, j’ai vu, donc je sais.
Cet exercice de communication patrimonial, très bien mené, n’est qu’un exercice médiatique à destination de la population. Il ne faut pas y voir un drame familial qui se joue devant le notaire en lisant les dernières volontés du défunt. Cependant, il existe quand même un point de convergence entre la sphère privée et la sphère publique : le patrimoine connu et celui méconnu. La différence entre les deux reflète l’histoire secrète de la vie des gens. L’histoire secrète, que vous soyez homme politique ou citoyen ordinaire, se retrouve à nu. Les masques tombent. Être obligé de se justifier. C’est l’heure des comptes, des règlements.

Alors, il y aura ceux qui réussiront l’exercice de communication et ceux qui échoueront. C’est la vie. Ainsi va la démocratie.

Que la transparence puisse permettre à chacun de prendre conscience de l’urgence à être exemplaire. Ainsi va, je le souhaite, l’avènement d’une nouvelle démocratie.
Nicolas GEORGES

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