Vladimir Poutine entre le fossile et le marteau

4 mars 2012

Ça y est, c’est lui, parce qu’il le veut bien. Elu dès le 1er tour avec plus de 60% , Vladimir Poutine confirme la poutinisation du vote à bulletin secret. La mascarade démocratique avait commencé avec les élections législatives du 4 décembre 2011. Malgré la protestation de la rue contre les fraudes électorales, le maitre du Kremlin est resté sourd, comme pour mieux se concentrer. Ce placébo démocratique vient de s’achever avec les présidentielles du 4 mars 2012. Le Tsar Vladimir Poutine a donc pris place sur le siège de président de la Russie avec un score tout aussi respectable, dans la méthode, que ceux de ses anciens prédateurs de « feu » la grande URSS.
Son accession au pouvoir ne faisait que réparer une anomalie dont il était le premier à souffrir. Il dirigeait sans le titre et sans être dans la lumière. L’anomalie, c’est lui : le président en chair jusqu’à ce jour, Dimitri Medvedev. Ce n’était qu’une marionnette intérimaire entre les mains de l’ancien agent du KGB, en attendant de régler quelques menus détails constitutionnels pour permettre à Vladimir Poutine de pourvoir remontrer sur le trône en toute légalité. Cet « arrangement », comme l’a déclaré Vladimir Poutine, va lui permettre, s’il le souhaite, de rester à la tête de la Russie jusqu’en 2018 et même 2024. C’est ça l’arrangement constitutionnel entre le président sortant et lui : un siège à vie décidé constitutionnellement !
Les nostalgiques de la vielle Russie soviétique vont probablement retrouver les automatismes d’avant. Pour les séduire, Vladimir Poutine a remis à l’ordre du jour dans son programme de campagne les archétypes fétiches de l’air soviétique à savoir l’obsession de la puissance militaire, le patriotisme et l’anti-occident, sans oublier le côté « père de la nation » qu’il tente de vouloir incarner. Mais les nostalgiques ne sont plus nombreux en Russie, ni vigoureux, car déçus ou morts de faim et d’espérance.
Pendant qu’il tente de ressusciter le rêve d’avant, la grogne de la rue composée des intellectuels, industriels et anonymes, ne cesse de monter, contestant sa légitimité. Combien de temps tiendra-t-il sans employer la force ?
Dans la vague des dictateurs qu’il est de bon tons de condamner, il sera intéressant d’observer le bal des chefs d’états internationaux qui viendront saluer la victoire du père de la nation russe.

Nicolas GEORGES

Tags: ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Bienvenue !

Untitled Document Me connaître | Contact

Ce blog est une cabine d'essayage. C’est par définition un espace étroit de réflexion intime. De temps en temps, j’ouvre le rideau pour laisser passer la lumière. Cette dernière n’est pas toujours d’une grande intensité, ce qui laisse une marge de progression importante. Je préfère ne pas dire tout ce que je pense mais suffisamment pour être entendu.

Recherchez